La bourgeoise et le jeune écorché

C'est l'histoire de deux âmes solitaires que tout oppose. Alda et Louis. Elle, une mère de famille, raffinée et cultivée, épouse d'un brillant architecte, bourgeoise gâtée par une vie sans soucis. Lui, un jeune homme, écorché et talentueux, porte sur ses épaules le fardeau d'une famille rescapée de la shoah. Deux personnages romanesques qui se rapprochent le temps d'un été, à l'ombre des platanes d'une bastide de Saint-Rémy-de-Provence. Il est fasciné par son charme irrésistible ; elle par l'innocence de sa jeunesse. Ce qui les rapproche, ce sont ces silences qui enveloppent ce même secret, celui d'une blessure enfouie depuis l'enfance et qui, au fil des pages, finit par remonter à la surface. Ils s'en libèreront. Alda, sans forcément le vouloir. Louis, en noircissant les pages d'un roman qu'il lui consacre.

« La Solitude des soirs d'été » est un drame à tiroirs plein de secrets et de fêlures. On pense à « Nuits d'été en Toscane », d'Esther Freud, et aussi au beau film qu'on pourrait tirer de ce roman faussement sage.

Olivier de Lamberterie

La solitude des soirs d'été », d'Anaïs Jeanneret (Albin Michel, 231 p.).

Source : Elle, 12 juillet 2013

Voir aussi : Anais Jeanneret écrivain, Anais Jeanneret